Le49 — blogue de musique émergente

[ALBUM] Joseph Edgar (Le Joseph Edgar EP)

Posted in Albums by Le49 on octobre 7, 2011

Joseph Edgar / Le Joseph Edgar EP (lancé indépendamment le 15 septembre 2011)

Joseph Edgar a toujours été associé de près à Moncton. Après avoir collaboré avec des musiciens de sa ville natale pour ses trois premiers albums, il s’est permis de délaisser ses complices acadiens habituels pour faire un saut du côté du Québec, le temps d’enregistrer un superbe minialbum: Le Joseph Edgar Ep. Une migration vers l’ouest qui lui a fait le plus grand bien.

 

Celui que l’on connaît également par son vrai nom, Marc Poirier, ne nous balance pas que du neuf. La moitié des pièces de l’EP sont tirées de ses albums précédents : «Chemin connu» (de l’album Oh Ma Ma), «Secousses» et «Cri de goéland» (toutes deux de l’album Y’a un train qui s’en vient).

 

Je connaissais bien les mélodies de ces trois chansons. Ce n’est pourtant qu’à la deuxième écoute de l’album que j’ai eu la puce à l’oreille et que j’ai effectué une petite recherche. Me semble que j’ai déjà entendu ça, que je me suis dit.

 

L’EP comprend aussi trois nouvelles pièces. Et c’est sur ces pièces que j’aimerais attirer votre attention. Surtout «Feathers and Tar»! Wow. Des tambourins, des percussions qui claquent, une guitare électrique distorsionnée. L’influence du réalisateur Jocelyn «Joe» Gagné (membre du groupe montréalais Les Breastfeeders) est clairement présente. Et on le remercie. Parce que la pièce est vraiment bonne. Et c’est la première fois qu’une pièce en anglais se retrouve sur un album de Joseph Edgar. Un détail. Que les ayatollahs de la langue française me lapident, je m’en fous, j’aurai mes gros écouteurs sur les oreilles (avec «Feathers and Tar» dedans, bien sûr) pour me protéger des cailloux. C’est bon cette pièce, point final.

 

Comme à l’habitude, la poésie de Joseph Edgar est bien ancrée à Moncton (même s’il demeure maintenant à Montréal). Ce sont d’ailleurs des passages comme «Hé man, as-tu entendu, ils l’ont annoncé à la télé aux grosses nouvelles d’à soir», qui font que j’adore ce qu’il écrit. C’est sincère. Le chiac est saupoudré comme une bonne épice. Pas trop. Juste assez. Et c’est beau. Beau comme le mascaret sur la rivière Petitcodiac.

 

Tout ça pour dire que l’évolution musicale de Joseph Edgar est palpable dans cet EP. Le réalisateur a réussi à laisser son empreinte sur les sillons des tounes. Le son est complet, clair, riche. La voix de Joseph Edgar est plus posée que dans ses trois premiers albums. Beaucoup plus qu’à l’époque de Zéro Degré Celsius, un légendaire groupe de Moncton duquel Joseph Edgar était membre dans les années 1990 et 2000.

 

Avant que j’oublie d’en parler : méchant beau boulot du groupe de soutient, qui est en fait composé des trois membres d’une formation rock de Montréal : The In’n and Outs. Se joignent à eux la Franco-manitobaine Geneviève Toupin et l’Acadienne Lisa LeBlanc.

 

Cela dit, ça n’enlève rien au boulot du réalisateur Marc «Chops» Arsenault et aux musiciens de la région de Moncton qui ont longtemps travaillé avec Joseph Edgar. Un peu de changement, ça ne fait pas de mal. Ça pince peut-être un peu de voir son ami et collègue réussir à produire un si bel album avec d’autres acolytes, mais c’est un mal pour un bien.

 

Le Joseph Edgar Ep est disponible en téléchargement ici pour la somme de 5$. Pas de format physique disponible sur Internet pour l’instant.

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