Critique disque: Vulgaires Machins / Requiem pour les sourds
Vulgaires Machins / Requiem pour les sourds
Indica Records
Sortie : 2 mars 2010
L’attente a valu la peine. C’est la première chose qui me vient en tête en écoutant Requiem pour les sourds, le nouvel album des Vulgaires Machins.
On n’avait pas eu grand-chose à se mettre sous la dent depuis quelques années : un album live, des vidéoclips, quelques tournées ici et là. Peu importe, avec Requiem pour les sourds, je me souviens parfaitement pourquoi je suis tombé en amour avec les Vulgaires Machins en écoutant Compter les corps pour la première fois en 2006.
Quatre ans plus tard, la critique sociale du groupe est toujours aussi acide, sa musique et ses paroles n’ont rien perdu de leur force, de leur gueule. Encore une fois, la formation nous recrache en pleine face les injustices qui gangrènent la société, les inégalités qu’on tait dans les médias.
Au Québec, Requiem pour les sourds arrive comme un diachylon sur la plaie béante laissée ouverte par Radio Radio et compagnie, des groupes dont l’insignifiance des paroles n’a d’égal que le ridicule de la musique.
Il faut le souligner, l’enregistrement est exceptionnel. Même si le son est très heavy, les couches (et elles sont nombreuses) vocales et instrumentales du quatuor ne s’entrechoquent pas du tout.
Des pièces comme Glace noire, Parasites et Longer les murs accessibles, lentes, douces (pour les Vulgaires Machins). Elles ont donc plus de chance de se tailler une place sur les ondes radiophoniques. D’autres, comme Une chanson acoustique et Un peu plus fort sont plus agressives, rapides et punk. Un bonheur pour les fans de première ligne du groupe, ceux qui le suivent depuis bien plus longtemps que moi.
Du rock ou du punk contestataire, il y en a des tonnes. Reste-t-il que des paroles qui frappent près de nous, qui critiquent des réalités que l’on connaît et que l’on vit, on ne retrouve pas ça à tous les coins de rue. Ça vaut son pesant d’or.
Le bateau qui coule sur la pochette de Requiem pour les sourds n’est pas celui des Vulgaires Machins. C’est un album qu’on écoutera encore dans quelques années, j’en suis convaincu. J’ai eu peur que le temps et le succès n’aient un effet pervers sur le groupe, qu’il perde de cran. Heureusement, c’est plutôt un punk mûr, pertinent, génial que je retrouve.
Le vidéoclip de Parasites, une pièce tirée de l’album


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